Normes pour les ensembles de protection chimique, biologique, radiologique et nucléaire

La norme

NFPA 1994 fournit les exigences pour les ensembles de protection chimique, biologique, radioactive et nucléaire.

Vue d’ensemble de la norme NFPA 1994

L’édition 2007 de la norme NFPA 1994 sur les ensembles de protection pour les premiers intervenants dans les situations de terrorisme CBRN définit les exigences relatives à la conception, à la certification et au rendement minimum des ensembles de protection chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN) pour les premiers intervenants lors des incidents mettant en cause des agents terroristes CBRN, et pour les premiers intervenants qui sont exposés aux victimes ou au matériel durant les opérations d’évaluation, de désincarcération, de sauvetage, de triage, de décontamination, de traitement, de sécurité du site, de gestion des foules et de protection des forces en cas d’incidents mettant en cause des agents terroristes CBRN. La norme NFPA 1994 porte sur les ensembles. Dans le cadre du projet de normalisation des vêtements de protection de la NFPA, un ensemble assure la protection de tout le corps : le torse, les bras, les jambes, la tête, les mains et les pieds. Tous les vêtements NFPA 1994 se portent avec des respirateurs conformes aux exigences CBRN promulguées par le NIOSH.

La norme initiale publiée en 2001 comportait trois classes de protection. Dans cette édition, la classe 1 correspondait aux vêtements de niveau A assurant une protection de haut niveau de la peau contre les vapeurs et les éclaboussures de liquide. La classe 2 correspondait à un niveau de protection élevé contre les éclaboussures de liquide, mais à un niveau de protection moindre contre les vapeurs, tandis que la classe 3 de l’édition 2001 offrait uniquement une protection contre les liquides. Dans l’édition 2007 de la norme NFPA 1994, la désignation classe 1 en matière de certification CBRN était réservée afin d’être couverte dans la norme NFPA 1991 régissant les ensembles de protection contre les vapeurs en cas d’urgence lorsque des matières dangereuses sont en cause. Cela avait pour but d’éviter toute confusion dans l’industrie concernant la classification des ensembles de protection CBRN. La protection contre les menaces élevées relatives à la vapeur demeure assignée à la norme NFPA 1991.

Détails sur les ensembles de protection NFPA 1994

L’édition 2007 de la norme NFPA 1994 définit quatre classes d’ensembles de protection CBRN.

Les ensembles de classe 1 sont des ensembles de niveau A certifiés conformes aux exigences de la norme NFPA 1991, édition 2005, sur les ensembles de protection contre la vapeur dans les situations d’urgence mettant en cause des matières dangereuses. Ce sont les exigences les plus rigoureuses de protection contre les agents CBRN, qui comprennent des essais effectués en présence de gaz industriels toxiques en concentration de 100 %, et l’application de produits industriels liquides ou produits chimiques de guerre sur toute la surface des ensembles. Les exigences de la classe 1 relativement aux propriétés physiques sont les plus élevées parmi les normes de la NFPA sur les vêtement de protection chimique.

Les ensembles de classe 2 doivent assurer une protection limitée des premiers intervenants en cas d’incidents terroristes mettant en cause des vapeurs ou des liquides chimiques en concentrations égales ou supérieures aux niveaux présentant un danger immédiat pour la vie ou la santé (DIVS), qui requièrent l’utilisation d’un appareil de protection respiratoire autonome (APRA). Ces exigences de rendement sont basées sur la menace à laquelle un premier intervenant risque d’être confronté lors d’une attaque terroriste mettant en jeu des agents de guerre chimique, et elles ne sont pas aussi rigoureuses que celles appliquées aux vêtements de classe 1. Le niveau de protection contre la vapeur requis pour la classe 2 était basé sur le niveau de menace utilisé par le National Institute of Occupation Health (NIOSH) dans la certification CBRN des appareils de protection respiratoire autonome (APRA). La menace de perméation par un produit chimique liquide est basée sur les exigences relatives aux vêtements militaires, c’est-à-dire une couverture de moins d’un dixième de la surface totale. Les exigences relatives aux propriétés physiques sont inférieures à celles requises pour la classe 1.

Deux tests effectués sur toute la surface du vêtement ont une incidence majeure sur la conception des vêtements de classe 2. Le test d’exposition complète sous la douche pendant 20 minutes démontre la résistance de tout le vêtement à la pénétration par un liquide en situation de contact prolongé. Aucune pénétration de liquide n’est permise. L’essai de résistance MIST évalue les risques d’infiltration de vapeurs chimiques dangereuses dans le vêtement. Les niveaux de rendement établis pour le test MIST dans la classe 2 sont basés sur le niveau de menace anticipé de la vapeur, qui est défini pour la certification NIOSH des appareils de protection respiratoire autonome (APRA) à un certain seuil de rougissement de la peau à la suite d’une exposition à l’ypérite (gaz moutarde) ou à des spasmes musculaires lors d’une exposition au sarin (agent GB).

Les ensembles de classe 3 doivent assurer une protection limitée des premiers intervenants en cas d’incidents terroristes mettant en cause des risques biologiques ou des risques de particules nucléaires en concentrations inférieures aux niveaux présentant un danger immédiat pour la vie ou la santé (DIVS), et qui permettent l’utilisation d’appareils de protection respiratoire avec épurateur d’air (APR). Les exigences liées aux propriétés physiques et à la perméation des vapeurs de gaz pour cette classe sont inférieures à celles de la classe 2, tandis que les exigences en matière de barrière à la perméation des produits chimiques liquides sont essentiellement les mêmes. Le test de la douche est raccourci à quatre minutes et les exigences de résultats au test MIST sont également moindres. La classe 3 inclut également une exigence au chapitre de la perte de chaleur totale. La perte de chaleur totale désigne la conductivité thermique du tissu et le taux de diffusion de l’humidité traversant le matériau du vêtement. Le niveau défini pour la classe 3 est comparable à celui qui est défini pour les vêtements de protection contre les incendies de bâtiments.

Les ensembles de classe 4 doivent assurer une protection limitée des premiers intervenants en cas d’incidents terroristes mettant en cause des risques biologiques ou des risques de particules nucléaires radioactives en concentrations inférieures aux niveaux présentant un danger immédiat pour la vie ou la santé (DIVS), et qui permettent l’utilisation d’appareils de protection respiratoire avec épurateur d’air (APR). La classe 4 ne contient aucune exigence de barrière chimique, mais la norme permet de certifier les produits comme étant conformes à la classe 4 ainsi qu’à la classe 2 ou 3. Dans la classe 4, la barrière particulaire est évaluée sur la base d’un test d’infiltration des particules dans tout le vêtement. Les vêtements de la classe 4 ne sont pas soumis à un test sous la douche, mais le matériau utilisé pour la confection du vêtement doit résister à la pénétration par un virus en suspension sous pression. La classe 4 contient également des exigences liées à la perte de chaleur totale qui sont deux fois et demie supérieures à celle de la classe 3. Par contre, les exigences physiques pour la classe 4 sont comparables à celles de la classe 3.

Dans les trois classes NFPA 1994, les types de tests sont similaires à ceux que l’on retrouve dans les normes NFPA 1991 et NFPA 1992, mais les niveaux de rendement acceptables sont inférieurs. En outre, comme dans les normes NFPA 1991 et NFPA 1992, le tissu du vêtement, les chaussures, les gants et le casque protecteur sont évalués, de même que les coutures et les fermetures. Tous les vêtements certifiés conformes aux classes de la norme NFPA 1994 doivent être testés avec chacun des appareils de protection respiratoire approuvés pour les incidents CBRN que les utilisateurs ont l’intention de porter avec ces vêtements.

Distinctions entre la NFPA 1994 et les autres normes de la NFPA

La norme NFPA 1994 n’est pas une norme d’intervention en cas d’incident mettant en cause des matières dangereuses. Les exigences de la NFPA 1994 ont été définies en fonction d’un ensemble particulier de tâches. Les vêtements qui ne respectent que les exigences minimales de classe 2 ou 3 de la NFPA 1994 n’offrent pas le niveau de barrière à la perméation chimique généralement associé aux vêtements portés lors des interventions en présence de matières dangereuses. Les vêtements de classe 2 de la NFPA 1994 ne sont testés que pour la barrière à la perméation de cinq produits chimiques liquides sous une charge superficielle de 10 g/m2 et de deux gaz à 350 ppm. En comparaison, la NFPA 1991 exige des tests avec couverture complète de la surface contre 19 liquides industriels non dilués, six gaz en concentration de 100 % et deux agents de guerre chimique. Les tests de perméation effectués sur les tissus de protection contre les matières dangereuses utilisent généralement un grand éventail de produits chimiques liquides. Lorsqu’une organisation prévoit utiliser des vêtements conformes à la norme NFPA 1994 pour les interventions en cas d’incident mettant en cause des matières dangereuses, elle doit déterminer si le produit offre une barrière à la perméation suffisante pour un large éventail de produits chimiques sur toute la surface du vêtement.

Pour voir les produits homologués en vertu des normes NFPA, y compris la norme NFPA 1994, visitez le site SafeSPECᵐᶜ 2.0.